Un aller simple pour Maoré

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Le film revient sur un épisode récent de notre histoire jamais relaté dans les médias. Il décrit les ingérences du gouvernement français aux Comores depuis la décolonisation et son corollaire : l’émigration clandestine à Mayotte.

Kwassa-kwassa : une barque de pêche, une quarantaine de passagers à bord, une coquille de noix ballottée dans l’océan, le passeport pour “la vie” ou pour la mort, pour les milliers de Comoriens qui tentent chaque année de rejoindre les côtes de l’île française de Mayotte.

C’est à la suite de la décolonisation, alors que l’archipel des Comores accède à l’indépendance, amputé du territoire de Mayotte, que l’écart va se creuser entre les îles. La raison d’état française va orienter le destin des quelques dizaines de milliers d’habitants que comptent Mohéli, Grande Comore, Anjouan et Mayotte.

Alors que d’un côté on s’enfonce dans un marasme politico-économique, en partie commandité via des mercenaires français, de coup d’état en assassinat, de l’autre on se retrouve à devoir adapter son mode de vie traditionnel à l’administration française....

Aujourd’hui, un tiers des 160 000 habitants de l’île française de Mayotte sont des clandestins. L’économie et la vie sociale sont organisées autour de la présence de ces “indésirables cousins pauvres” venus des îles comoriennes. Une main d’oeuvre prête à tout pour quelques euros, qui vient chercher ici “la vie”, les soins, la scolarité, l’espoir d’un avenir meilleur... pour finalement se retrouver traquée par la police, organisant sa survie dans des bidonvilles et supportant des conditions de travail proche de l’esclavage...

Mayotte, la comorienne, la française, la mahoraise, plus de trente ans après son rattachement à la métropole, et à la veille de sa départementalisation fait face à Anjouan et à la misère des Comores.